Les 10 leçons que j’ai tirées de mon job out: 10 tips pour entamer sa métamorphose avant de métamorphoser le monde

« There can’t be any large-scale revolution until there’s a personal revolution, on an individual level. It’s got to happen inside first », Jim Morrison

Il y a 10 ans, j’entrais en école de commerce après 2 ans de prepa et je commençais à dépérir intellectuellement

Il y a 5 ans, je décidais de tourner le dos à une carrière de consultante ou chef de produit marketing en travaillant dans le secteur public, sur le projet du Grand Paris

Il y a presque 2 ans, je lançais l’initiative French Tech

Il y a 8 mois, je commençais la « formation » pour les entrepreneurs Koudetat chez The Family

Il y a 5 mois je rencontrais ceux qui deviendraient mes futurs (ex)-associés.

Il y a 1 mois je faisais mon job out : je quittais la French Tech pour être à 100% sur le projet.

Et il y a 15 jours je quittais le projet en question. BIM.

Know what you stand for

Je ne suis pas à plaindre, loin de là, mais chacune de ces étapes a été compliquée pour moi. Mais si j’essaie a posteriori de trouver le cohérent dans le bordel, je me rends compte que ce sont mes valeurs et ma vision du monde. Elles ont toujours fini par s’imposer à moi touche par touche quand je ne les voyais pas. Il faut du temps pour que l’œil s’habitue au noir.

Me jeter dans le secteur public, c’était pas du tout une vocation pour l’institutionnel et l’administration (ouf) ou la politique au sens militant du terme (pas du tout mon truc). C’était une manière de travailler sur des projets collectifs, à grande échelle dans le temps et dans l’espace, avec une vision pour la société. Des projets politiques au sens propre du terme donc. Où j’étais venue chercher du sens et de l’impact, en agissant à l’échelle des écosystèmes.

Mais même avec la French Tech qui était pourtant un projet super excitant, je continuais à sentir ce truc, là au fond de mes tripes, qui faisait que je ne me sentais pas à ma place.

Maintenant je sais ce que je n’y trouvais pas et qui était pourtant fondamental pour moi :

- La liberté, l’indépendance, l’anticonformisme : de là où j’étais je ne pouvais pas m’exprimer, dire ce que je pensais de ce que je voyais, penser en dehors des cadres administratifs et des contraintes politiques qui finissent par te broyer.

- L’énergie, le courage, le dépassement: je savais que j’avais été au bout de ce que je pouvais personnellement apporter à l’intérieur du système public et politique. Ma conviction aujourd’hui c’est qu’il est tellement bloqué ce système que le changement ne viendra pas de l’intérieur mais de l’extérieur.

C’est cette liberté et cette énergie que j’ai voulu retrouver en partant et me lançant dans l’entrepreneuriat, sur un projet auquel je croyais. Mais ça a merdé avec mes associés. Je me suis trompée, on s’est trompé: la complémentarité des compétences — check, la sincérité et la bienveillance — check, mais à rentrer dans le très concret on s’est rendu compte qu’on ne partageait pas les mêmes valeurs et la même vision. Alignement des valeurs et de la vision… encore et encore…

Accept chaos

Et donc maintenant je regarde bien en face cette liberté dont j’avais besoin et que je suis allée chercher. C’est génial de pouvoir enfin se rouler dedans. Mais je sens aussi comme elle peut être écrasante. En vrai je ne sais pas exactement ce que je vais faire maintenant. Et il y a des jours où ça donne le vertige.

Mais en tous cas, je ne me suis jamais sentie aussi vivante et à ma place. Et pour l’instant ma place elle est en transition, entre-deux projets. Je sais qu’il faut l’accepter le temps que ça dure au lieu de lutter.

Je sais aussi que je n’ai pas perdu mon temps : se métamorphoser soi-même c’est déjà commencer à métamorphoser le monde. C’est un mec un peu fou et génial comme Jim Morrison qui le dit : « There can’t be any large-scale revolution until there’s a personal revolution, on an individual level. It’s got to happen inside first ».

Be vulnerable

C’est physique une métamorphose, c’est intense. On ne t’apprend pas à faire ça à l’école.

Edgar Morin écrit dans son article Eloge de la Métamorphose qui pourrait être mon manifesto : « L’idée de métamorphose, plus riche que l’idée de révolution, en garde la radicalité transformatrice, mais la lie à la conservation ». C’est ce tri là qu’il faut apprendre à faire pour savoir quoi tuer et quoi garder.

J’ai plus appris ces derniers mois que ces dernières années. Ce sont les 10 choses que j’ai retenues que je voudrais vous raconter, on sait jamais, ça peut servir.

J’ai déjà donné les 2 premières : know what you stand for, accept chaos.

Et je finis sur la 3e : be vulnerable. C’est précisément ce que je fais en écrivant et publiant cet article je crois :)

Je vous dis 10, on n’en sait rien, ce sera peut-être moins ou plus. En tous cas, c’est, entre autres, ce que je compte faire dans les jours et semaines à venir. Partager cette expérience avec vous. Et connaître la vôtre.

Clara Delétraz, co-fondatrice de Switch Collective